L’Abécédaire sans réponse

Spectacle jeune public, à partir de 7 ans, durée 50 min
Création le 31 octobre 2026 au Théâtre Ducourneau, scène conventionnée d’Agen

26 lettres dans notre alphabet.
26 occasions de mots, noms de personnage, noms de planètes, d’animaux, de concepts ou de récits…
26 invitations à voyager ensemble dans le temps long, très long, de la vie, depuis les très lointaines origines jusqu’à maintenant.
Chaque lettre a aussi son instrument, sa voix, son identité sonore.
Un rituel.
Un·e enfant tire au sort UNE LETTRE.
E comme Eau de mer, L comme Labyrinthe, V comme Vi(d)e, I comme Icare, M comme Mélancolie, K comme la Kahina, U comme Univers…
À chaque lettre tirée, l’acteur·ice offre avec le musicien, un voyage autour de ce mot tiré au sort.
Ça sera une histoire, un conte, un poème, ou une chanson, et aussi une image (fixe), un objet à regarder, à toucher, une interaction.
Et un bain sonore. Un voyage acoustique.

Un espace musical qui s’ouvre et agit, soutient ou engendre le récit.
L’actrice et le musicien tissent ensemble la parole, mêlent les voix, les notes, les mots et le geste.
Pour flotter ensemble dans la très longue histoire des mystères partagés.

Note d’intention

Parler du monde aux enfants.
Sans simplifications. Sans ni maquiller, ni amoindrir son mystère, sa beauté, sa violence.
Leur parler de l’énigme de la vie, du temps long, de la profonde route des origines.
Avec un grand respect, une exigence sereine, et une attention portée à leur soif de beauté, à leur disponibilité pour le large, à leur curiosité immense qui accepte de ne pas tout comprendre.
Ne pas douter de leur acuité, jamais.
Ils attraperont ce qu’ils pourront, mais ils attraperont toujours.
Parler à tous les sens : la parole est au cœur et même en premier. Mais chaque texte est relié à un objet, une image, un son, une musique, un parfum, une matière.
Éveiller les enfants, par la beauté, par la poésie, à des enjeux d’écologie, d’Histoire, de politique. De choix de mondes.
Éveiller leur sensibilité à se sentir concernés.
Et parce qu’ils sont dans un monde de vitesse, d’images, de virtuel, de bruit, d’hypersollicitations : proposer un calme, un lent déploiement de l’imaginaire.
Défendre la lenteur, la langue, la présence, la matérialité.
Ils en ont soif ; et leur faculté d’accueil est énorme.

Leur donner l’émotion d’être en contact avec la magie, par le/la récitant·e qui leur confie des secrets, des trésors, qui intimide aussi, parce que celle/celui qui est en scène est toujours habité·e par quelque chose de plus large, en lien avec l’invisible, et ce lien est une chose que les enfants me semblent être en capacité, immédiatement, de percevoir.

Élargir le regard, le cœur, donner envie d’aller percer plus loin, montrer les brèches cachées partout dans le monde pour la beauté, le mystère, la quête, l’enseignement, le voyage, la pensée.

Extraits de texte

(1) B POUR BALEINE
[…]
Qu’il est bon que les plus grandes profondeurs restent encore inexplorées.
Qu’on puisse rêver que s’y trouve un pays des morts.
Des contrées de sirènes.
De grands navires oubliés.
Que les animaux lointains puissent s’y cacher, un peu.
Pour y vivre, s’y aimer, y mourir.
Et qu’il est bon de savoir que beaucoup d’humains aiment aussi les baleines et
qu’avec tout le reste, nous pouvons décider de faire sa place à chacun dans le
grand règne du vivant.

(2) K POUR LA KAHINA
Pour cette histoire, je vais avoir besoin d’une armée à cheval, des centaines de
chevaux lancés au triple galop.
La conteuse fait faire les chevaux aux enfants, en tapant des mains sur les cuisses.
Ok. C’est parti.
Quand elle naît, au 7ème siècle, dans l’actuelle Kabylie, son père est désespéré,
il voulait un garçon, il lui fallait un garçon, il attendait un garçon.
Et voilà, le nourrisson est une fille.
Ce père annonce à sa femme qu’en accouchant d’une fille, elle l’a rendu…
impuissant. Ah bon.
Pourtant, à 22 ans, la Kahina est élue reine par toutes les assemblées de tribus
berbères. Elle unifie nomades et sédentaires, et tous les clans jusqu’ici divisés,
en conflits constants, se rallient à sa voix.
Stratège, elle mène une guerre, non pas de conquête, mais de résistance à
l’envahisseur : les armées omeyyades, qui déferlent depuis Damas sur tout le
Moyen-Orient, l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord.
La Kahina défend son peuple
C’est maintenant, les chevaux ! Allez-y, au galop ! La cavalcade face à
l’ennemi !
Les enfants font la chevauchée.

Texte

Joséphine Serre

Mise en scène

Xavier Czapla & Joséphine Serre

Avec

Camille Durand-Tovar ou Joséphine Serre (en alternance)

Composition musicale et sonore (live)

Frédéric Minière

Administration & production

Héloïse Jouary & Alain Rauline, La Mécanique des rêves

Diffusion

Jean-Luc Weinich pour le bureau Rustine

Production

L’Instant Propice

Coproduction

Théâtre Ducourneau, scène conventionnée d’Agen

Accueil en résidence

Scène nationale d’Aubusson

En 2021, L’Abécédaire sans réponse a fait l’objet d’une maquette aux Plateaux Sauvages (Paris 20) dans le cadre d’une Carte Blanche à Estelle Meyer.

50 minutes
À partir de 7 ans

© photos : Xavier Czapla